Nouvelles variétés de gazon artificiel comme alternatives dans les zones au climat défavorable

Il a été question dans différents rapports des médias d’un soi-disant changement de réglementation de la FIFA, selon lesquels la Fédération Internationale de Football songerait à lever „l’interdiction des terrains de jeu avec gazon artificiel“. Etant donné que les choses ne semblent pas très claires à ce propos, la FIFA tient à faire la lumière ci-après sur différents points importants.

Les terrains de jeu avec gazon artificiel n’ont jamais été interdits à proprement parler. Dans la Loi 1 consacrée au Terrain de jeu, seules sont fixées les dimensions de la surface de jeu de même que sont précisés d’autres détails relatifs entre autres au marquage du terrain, à l’agencement des buts et des drapeaux de coin. Le terrain de jeu n’est réglementé par aucune disposition particulière.

L’impression d’interdiction pourrait tout au plus avoir résulté de la directive émise par la FIFA, selon laquelle les rencontres disputées dans le cadre d’une phase finale d’une compétition de la FIFA ne devraient avoir lieu que sur gazon naturel. C’est pourquoi, pour la CM de 1994 aux Etats-Unis par exemple, les stades de Pontiac Silverdome à Detroit et Giants Stadium à New York/New Jersey ont été recouverts de gazon naturel. Cette prescription ne sera pas modifiée à l’avenir non plus.

Au cours des dernières décennies, les progrès techniques ont permis la mise au point de nouvelles variétés de gazon artificiel et hybride (mélange de gazon naturel et de gazon artificiel), qui représentent une amélioration substantielle par rapport aux variétés précédentes, concernant en particulier le rebond du ballon ou le risque de blessures pour les joueurs.

A l’inverse, il s’est avéré dans la pratique que dans les régions situées dans des zones climatiques extrêmes (régions désertiques, forte intensité du soleil, mais aussi froid, pluie, climat tropical), la qualité des terrains de jeu en gazon naturel n’était pas toujours des meilleures. Est responsable de cette situation, d’une part, la très forte utilisation d’un terrain de jeu pour les matches nationaux et internationaux, compte tenu du petit nombre de terrains dans certains pays et parce que, d’autre part, les moyens financiers manquent pour pouvoir payer l’entretien relativement onéreux d’un tel terrain. En conséquence de quoi, les terrains en gazon naturel sont souvent impraticables pour les séances d’entraînement voire même pour les matches, ou ils sont souvent dans un état si mauvais que le risque de blessures, dû entre autres à la couche d’herbe manquante, aux aspérités ou aux trous, est beaucoup plus grand que sur gazon artificiel.

Dans le cadre du projet GOAL, qui apporte une aide taillée sur mesure, le Président de la FIFA, Joseph S. Blatter, a proposé aux associations nationales prévues pour les projets-pilotes en Asie (Palestine, Jordanie) et Afrique (Liberia) du gazon artificiel comme alternative valable, vu que ces terrains sont moins chers à la construction et à l’entretien tout en étant plus résistants. Un accord correspondant a été signé fin janvier dans le cadre de GOAL avec la fédération du Liberia, qui prévoit l’installation de gazon artificiel dans un stade de Monrovia. Ce genre de terrains peut aussi accueillir des matches nationaux, y compris des matches de phase préliminaire de compétitions de la FIFA. Un gazon hybride, composé d’environ 80% de gazon naturel et 20% de gazon artificiel, est déjà employé dans le stade national norvégien à Oslo. Quant à la décision relative à l’usage de gazon artificiel, elle appartient entièrement au propriétaire ou à l’administrateur du stade, qui a le choix entre les différentes possibilités offertes aujourd’hui, en fonction de ses besoins et des conditions climatiques.

La Commission de Médecine sportive de même que la Commission technique de la FIFA suivent de très près les développements dans ce domaine. Dans l’une des prochaines éditions de FIFA Magazine, ce thème sera traité en détail.